Travailler à Londres : What else ?

Les salariés londoniens passent des heures dans les transports et déjeunent rapidement. Au final, ils travaillent quand même plus que les Parisiens. © Fotolia
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Puissance économique mondiale, salaires plus élevés que ceux de l’Europe, Londres affirme sa supériorité. Du moins avant le Brexit. Mais au-delà, avec des temps de transport et de travail moins longs, et une « machine à café conviviale », Paris gagne en qualité de vie.

La compétition entre les deux capitales emblématiques ne désarme pas. Chacune dispose d’atouts forts mais aussi de handicaps. L’étude Paris Work Place diligentée par SFL/Ipsos relate un match serré entre deux capitales convoitées, vues par leurs salariés. C'était avant le Brexit. Mais après quelques flottements, Londres devrait rester une place forte.

Big Ben affiche 8h24 de présence au bureau, Notre Dame 8h06

Le Londonien travaille plus que le Parisien, 18 minutes sur une journée type. Ce qui représente, à la fin de l’année, l’équivalent de 8 jours de travail en plus. Et pourtant, par rapport au Parisien, le Londonien passe plus de temps dans les transports. Le prix de l’immobilier à Londres, deux fois plus cher qu’à Paris et le montant des loyers expliquent que de nombreux salariés vivent dans le Grand Londres. Même des cadres à haut pouvoir d’achat font de longs trajets, parfois 2 heures, pour habiter une grande maison avec un jardin. Mais le temps perdu en travail, il le rattrape en déjeunant en 48 minutes.

journee type du salarié

Aussi étrange que cela puisse paraître pour un Français, les Londoniens viennent au travail… pour travailler. Ils bossent et apprécient peu les digressions en réunion ».

Anne-Laure Marchal, directrice d’études à l’Ifop

Le bureau londonien, un outil au service du travail et non un lien social

Les londoniens, venant au bureau pour travailler, voient dans leur lieu de travail un outil fonctionnel au service de l’efficacité individuel et collectif. Ils plébiscitent tout ce qui a trait à la fluidité : travail nomade, facilité de circulation dans le bâtiment, open space, ouverture des bureaux 24 h sur 24. En aucun cas, ils ne recherchent, comme les Parisiens, un impact de leur lieu de travail sur leur bien-être, leur motivation, l’appel de talents, l’image et la réputation de l’entreprise.

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La culture managériale britannique, fondée sur une approche collaborative et de responsabilité individuelle, s’accommode bien d’espaces de travail ouverts. Dans l’inconscient français, être dépossédé de son bureau est une forme de déclassement ».

Gilles Betthaueuser, Président France de Colliers International

Déjeuner sur le pouce à Londres, mais afterwork régulier

A Paris, on ne badine pas avec les déjeuners. Avec ticket restaurant au bistrot du coin, dans la cuisine aménagée de l’entreprise ou dans un restaurant d’entreprise, pas question de déjeuner en quelques minutes. On prend son temps et on y parle de tout, même de boulot. Le repas y joue un rôle essentiel dans la relation entre salariés. A Londres, c’est un lunch avalé rapidement. En revanche, malgré des temps de trajets interminables, les Londoniens n’hésitent pas à aller au pub avec des collègues après le travail.

salarié contente

A l’opposé du déjeuner londonien, le repas français est sacro-saint. D’ailleurs la restauration collective d’entreprise se rapproche des codes de la restauration commerciale en matière d’offres, de qualité de services, d’aménagements ».

Aude Grante, directrice générale adjointe Asset management et Investissement SFL.

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