Quels impacts le travail à distance a-t-il sur le parc de bureaux francilien ?

Quels impacts le travail à distance a-t-il sur le parc de bureaux francilien ?
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Le travail à distance, le télétravail et le nomadisme se développent mais ne devraient pas révolutionner le parc locatif de l’Ile-de-France. Explications.

Un colloque organisé par l’Observatoire Régional d’Immobilier d’Entreprise (ORIE) sur le thème, « Travail à distance : quels impacts sur le parc francilien ? » a réuni décideurs publics et privés de l’immobilier et de l’aménagement de l’Ile-de-France pour partager leur vision du marché immobilier francilien.

Entre 1 et 4 %  du parc inoccupé en 2015

Actuellement, 180 000 à 510 000 actifs franciliens pratiquent le télétravail à distance en Ile-de-France, ce qui représenterait entre 700 000 et 2 millions de m² inoccupés en permanence, soit entre 1 et 4 % du parc. Compte tenu du nombre marginal d’actifs concernés, du rythme moyen d’un jour par semaine de travail à distance, des temps longs de mise en œuvre et d’appropriation, du principe de réversibilité… les surfaces inoccupées ne sont pas libérées pour autant. Leur reconversion se fait en faveur de salariés sous forme de salles de réunions, d’espaces collaboratifs.

Chiffres clés

Le parc de bureaux en tiers-lieux  représente entre 36 000 et 102 000 m² concentrés  à 90 % à Paris ou en première couronne.

Environ 5 % du parc inoccupé à l’horizon 2030

Compte tenu des hypothèses retenues de croissance du PIB et des emplois,  entre 620 000 et 800 000 actifs franciliens pourraient travailler à distance. Ce qui induirait que 2,5 à 3,2 millions de m² pourraient ne pas être occupés en permanence soit 5 % du parc francilien.

Chiffres clés

31 000 à 40 000 actifs pourraient travailler en tiers lieux, occupant 125 000 à 620 000 m², soit entre 0,2 et 1 % du parc de bureaux.

Des impacts peu importants en Ile-de-France

Selon l’étude et au vu de la croissance des emplois en Ile-de-France, entre 2015 et 2030, 18 000 à 52 000 nouveaux actifs pourraient travailler à distance. C’est donc 64 000 à 190 000 m² qu’il ne serait pas nécessaire de construire chaque année. 900 à 10 000 de ces actifs pourraient utiliser les tiers lieux ce qui se chiffre à un besoin de 3 000 à 40 000 m² situés notamment au cœur de l’agglomération et à proximité des principaux nœuds de communication.

Le travail à distance est une bonne solution

Le télétravail et le nomadisme sont deux pratiques de travail à distance qui sont souvent cités comme une des solutions aux maux actuels de la société :

  • Déséquilibre vie privée/vie professionnelle
  • Dégradation des déplacements
  • Réduction des coûts immobiliers
  • Redynamisation des territoires

Mais au final, aujourd’hui encore, le travail à distance est le plus souvent une mesure d’accompagnement lors du déménagement d’une entreprise qui, pour des raisons de coûts de l’immobilier,  choisit une implantation en périphérie de Paris.

Chiffre clés

L’immobilier est le 2e poste de dépenses d’une entreprise après les salaires.

Vers une évolution structurelle des modes de travail

La pratique du travail à distance est d’ores et déjà liée à divers facteurs :

  • Un contexte économique
  • Une recherche de productivité et de bien-être pour les salariés
  • Les conditions de déplacement domicile/travail
  • La prise de conscience environnementale
  • Les nouvelles habitudes dues au progrès de la technologie

Mais surtout, les modes de vie évoluent. L’équipement et l’usage des technologies de l’information et de la communication explosent avec, en parallèle, une chute du coût des communications : 58 % des franciliens possèdent un smartphone. Mieux encore, chaque salarié compte en moyenne 2,45 outils mobiles : 55 % utilisent un smartphone et 63 % utilisent une ordinateur portable pour travailler. Un rythme qui ne devrait pas ralentir si l’on se réfère à une étude du CREDOC sur le comportement des 18-24 ans :

  • 75 % sont équipés d’un smarphone
  • 78 % naviguent sur Internet via leur mobile
  • 68 % consultent leurs mails d’après leur mobile

Chiffres clés

Avec ces évolutions, 45 à 65 % des bureaux seraient inoccupés en permanence selon Mobilitis.