La création de surfaces commerciales régresse de nouveau en 2015 !

En France, la production de surfaces commerciales a de nouveau régressé en 2015. © Fotolia
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En 2015, la production de surfaces commerciales a régressé, en France, pour la troisième année consécutive. La fédération Procos estime que cette baisse des projets et des mises en chantier s’explique par un contexte économique et législatif qui entraîne un attentisme de la part des promoteurs.

Les surfaces autorisées par permis de construire ont reculé de 7 %

La tendance marquée par une baisse dans le secteur de l’immobilier commercial s’est de nouveau confirmée en 2015, avec une diminution de 7 % du nombre de surfaces commerciales ayant obtenu un permis de construire, soit l’équivalent de 4,8 millions de m². De même, les surfaces mises en chantier ont diminué de 21 %. Dans le même temps, on peut également relever un recul important du nombre de dossiers soumis à l’autorisation des CDAC (commissions départementales d’autorisations commerciales), de l’ordre de -43 %, de même que les autorisations, qui en découlent, ont été frappées par une baisse de 41 % par rapport à 2014, soit un nombre de seulement 1,28 millions de m² autorisées.

C'est la troisième année de baisse consécutive dans le secteur

Lors d’une conférence de presse, Pascal Madry, le directeur de Procos, a indiqué qu’il s’agit de « la troisième année consécutive de baisse, une tendance inédite qui marque clairement un ralentissement du marché ». De même, la fédération pour l’urbanisme et le développement du commerce spécialisé a tenu à indiquer que le nombre de m² de surfaces commerciales a atteint « son niveau le plus bas depuis ces quinze dernières années. »

Bon à savoir

Les dossiers soumis à l’autorisation des CDAC ont reculé de 43 %.

La conjoncture actuelle à l'origine de ce phénomène

Les dirigeants de la fédération estiment que si la baisse est aussi marquée et aussi durable, cela s’explique notamment par une conjoncture défavorable, puisque la crise économique et la saturation du parc commercial ont freiné le secteur de façon importante. Mais la loi Pinel du 18 juin 2015 a sans doute eu des répercussions sur l’immobilier commercial, poussant les opérateurs à l’attentisme. Ces facteurs peuvent également expliquer la baisse du nombre de surfaces autorisées par les CDAC. Pascal Madry explique d’ailleurs qu’il faut « remonter à 1998 pour retrouver un nombre de surfaces autorisées si bas. »

Une baisse de l'immobilier qui devrait se confirmer en 2016

La prudence des opérateurs ne devrait pas prendre fin en 2016, puisqu’au 1er janvier, on comptabilisait 337 opérations représentant 4,77 millions de m², ce qui représente d’ores et déjà une diminution de 15 % du nombre de projets, ainsi qu’une chute de 19 % des volumes des surfaces, comme le relève l’Observatoire de l’immobilier commercial de Procos, constitué d’un panel de 60 promoteurs. La fédération indique également que ce recul est enclenché depuis 2008.

L’intérêt des opérateurs se confirme pour les opérations moins risquées (…) qui ont déjà fait leur preuve ».

Pascal Madry, directeur de la fédération Procos.

Seules 10% des futures implantations commerciales sont en centre-ville

Concernant la répartition des différents projets immobiliers commerciaux, on peut noter que c’est toujours la périphérie qui comptabilise le plus grand nombre d’opérations, au travers des parcs d’activités commerciales, avec 53 % des projets. Les centres commerciaux détiennent 31 % des projets, contre 3 % des magasins d’usines. Les centres-villes, quant à eux, ne représentent que 10 % des nouvelles implantations. Pascal Madry explique ce phénomène par le fait que « l’intérêt des opérateurs se confirme pour les opérations moins risquées » de création de grands centres commerciaux à la périphérie des villes moyennes, « ou d’extensions de vieux centres qui ont déjà fait leur preuve. »

Un contexte de baisse des rendements commerciaux

Pascal Madry fait le lien entre la baisse des projets commerciaux, et le fait que « les rendements commerciaux diminuent depuis 1995 », une baisse de l’ordre de 1 % par an. En effet, depuis 20 ans, les surfaces commerciales ont augmenté, à l’inverse du niveau de consommation, et la rentabilité au m² a donc chuté. Il en résulte un arbitrage de plus en plus marqué de la part des enseignes du commerce spécialisé. « On n’est plus dans une logique d’ouverture à tout va, on parle d’optimisation du parc existant », comme l’indique Philippe Jambon, vice-président de Procos et patron de Jeff de Bruges.

Aujourd’hui, les distributeurs sont davantage sur un développement en franchise ».

Michel Pazoumian, président de la fédération

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