Effet Brexit, Paris enregistre 19,5 Mds d'€ investis dans l'immobilier de bureaux

Effet Brexit, Paris enregistre 19,5 Mds d'€ investis dans l'immobilier de bureaux
partage(s)

C’est un fait : l’immobilier d’entreprise a réalisé de très belles performances à Paris en 2016 avec 19,5 milliards d'€ d’investissement. Un possible lien avec le Brexit ? Un cabinet spécialisé répond…

Immobilier de bureaux : 19,5 Mds d'€ investis grâce au Brexit ?

Les bon résultats du marché de l'immobilier parisien de bureaux pourraient-ils être la conséquence du Brexit ? Pour Knight Franck, cabinet spécialisé en immobilier d’entreprise, la question mérite d’être posée : « Eternel challenger, le marché parisien a, pour la première fois de son histoire, presque fait jeu égal avec son rival londonien, avec 19,5 Mds d'€ d’investissement contre 21,22 Mds d'€ (à taux de change constant), pour le Grand Londres (…). La relation de cause à effet ne fait pas de doute ».

Mais Paris ne sera pas la nouvelle « capitale » financière européenne

Pour autant, face à la sidération liée au Brexit, beaucoup d’investisseurs ont joué la carte de la prudence. A tel point que cet attentisme s’est traduit au troisième trimestre par « un trou d’air », mais « la remontée du volume de transactions à la fin de l’année interdit de tirer des conclusions sur le long terme ». Knight Franck précise que « le scénario le plus probable, qui se dessine, est que le Brexit n’entrainera pas un exode massif et rapide des activités et des investissements de Londres, ni l’émergence d’une nouvelle « capitale » financière sur le continent », assure le spécialiste.

Les investisseurs attendent les élections

Les diverses crises économiques et financières récentes ont appris aux investisseurs à éviter les emballements. Ainsi, l’élection présidentielle en France sera examinée avec minutie : « S’il n’y a plus d’Union européenne, il n’y aura plus de Brexit », conclut justement Knight Franck.

Une délocalisation prévisible des activités dites du « passeport européen »

Concrètement, les principales délocalisations d’entreprises concerneront « certaines activités liées au passeport financier européen actuellement implantées à Londres », soit « près de 20 % de l’activité des banques d’affaires, des assurances et des autres compagnies financières ». Le statut de capitale financière de Londres sera ainsi légèrement titillé sans « réduire sa performance » ou voire son rôle disparaître, « qui restera très important ». De même, l’investissement immobilier risque fort aussi de contourner plus régulièrement Londres.

Vers un fonctionnement moins centralisé pour les activités ?

En s’ajustant au phénomène Brexit, les entreprises prennent du recul : « Il est probable que les entreprises éviteront à l’avenir de mettre tous leurs œufs dans le même panier (...) Les choix seront faits métier par métier, en fonction des législations et des compétences locales ou de l’histoire propre de chacune des entreprises. Il faut donc s’attendre à un fonctionnement plus éclaté, moins centralisé, un peu comme ce qui existait au Moyen-Age en Lombardie ou avec la Ligue Hanséatique », prédit le spécialiste.

Bon à savoir

Paris et Francfort se positionnent pour être les deux villes dauphines de Londres en Europe concernant l'investissement de bureaux. Des premiers signes le révèlent : HSBC a déjà  annoncé le départ d’une partie de ses activités vers Paris. Goldman Sachs pourrait faire de même vers Francfort.